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 [Fiche] Lauriana Frantz

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Lauriana Frantz

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MessageSujet: Re: [Fiche] Lauriana Frantz   Mar 6 Déc - 17:07



La journée était bien entamée, le soleil réchauffait doucereusement l’atmosphère même si un léger vent prenait plaisir à faire danser l’herbe dans la prairie. Seules au milieu de l’importante étendue verte et rose, deux silhouettes étaient allongées. Lui, d’une stature impressionnante, presque aussi grand que large sans une once de graisse, simplement vêtu d’un large pantacourt noir. Elle, d’une stature minuscule, le semblant plus encore entourée des bras dans lesquels elle se lovait, portait une robe blanche, laissant entrevoir ses courbes, dont les bretelles retombaient sur ses épaules nues. D’un léger geste, il la serra un peu plus contre lui, lui faisant ouvrir ses grands yeux de jade qui vinrent à la rencontre du doux regard d’ébène avec lequel il la couvait.

- Te sens tu mieux ?

Pour toute réponse, elle se redressa, le surplombant, puis déposa un tendre baiser sur ses lèvres, le gratifiant par la suite d’un ensemble sourire et regard enjôleur, qu'il n'avait jusqu'alors jamais pu voir, tout en laissant glisser ses doigts sur son torse nu.

- Madame ne semble pas d’humeur loquace à ce que je vois. Prend garde où il pourrait bien t’arriver des bricoles jeune fille !

- Vous m’en voyez terrifiée par avance très cher, il serait regrettable que l’on puisse s’en prendre à une femme de ma condition.

Dans un doux éclat de rire, elle se laissa retomber dans l’herbe, les bras en croix, regardant le ciel d’un bleu pur. Soudain, ce fut son visage qui s’imposa dans son champs de vision avant que ses lèvres ne viennent prendre possession des siennes dans un long échange langoureux. Lorsqu’il lui permit de reprendre son souffle, elle le fixa longuement, cherchant réponses au fond de ce regard noir.

- Pourquoi ...?

- Parce que je n’en ai pas eu le temps, Princesse.

- Justement, pourquoi ?

- Ne cherche pas à toujours obtenir de réponses, la plupart du temps il n’y en a pas. Tout comme pour ton frère, ces choses là ne se prévoient pas.

- J’aurais du être là, j’aurais du prendre le temps, quelques semaines, mois… J’étais tellement obnubilée par l’arrestation de son assassin que je n’ai pas veillé sur toi… Tu parle d’une Prêtresse.

- Dites donc Dame Peredine, ne seriez vous pas entrain de vous apitoyer ?

- Bien sur que non, je constate. Et surtout je regrette de ne pas avoir été là. Garde pitoyable, femme absente, Prêtresse à la foi vacillante...

Elle se redressa, se libérant d’un long soupir, les traits du visages boudeurs :

- Mais c’est du passé ça non ? Regarde celle que tu es devenue aujourd’hui. Nul doute que ton frère serait extrêmement fière de toi, tout comme je le suis.

Pour toute réponse, elle se contenta d’hausser les épaules. Sans se défaire de son sourire, il se glissa derrière elle, l’entourant de ses jambes et de ses bras :

- Arrête de douter de toi, tu n’es plus une enfant.

- Je le sais bien… Mais je veux juste rester ici, avec toi. Tu me manque tellement.

Elle posa sa tête contre le torse lui servant d’appui, portant son regard triste vers le ciel qui arborait à présent une douce couleur de miel.

- C’est étrange, je ne pensais pas qu’il était si tard.

- Il n’est jamais tard ici, en revanche pour toi il est temps de partir.

Elle se redressa vivement, se tournant vers lui :

- Partir ? C’est hors de question ! Ma place est ici, à tes côtés, comme ça aurait du être le cas de ton… De…

Face à son regard, elle ne pu poursuivre. Il avait raison, elle le savait mais refusait simplement d’admettre l’évidence. Il posa ses mains sur les épaules de la jeune femme, plongeant son regard dans le siens.

- Lauriana Frantz Peredine, ce n’est pas une fatalité. Je suis ici mais lorsque j’étais près de toi tu m’as rendu heureux et tu l’étais en retour. Tu ne pouvais prévoir les événements et encore moins les arrêter. Aujourd’hui ce n’est pas seulement une personne qui a besoin de toi mais tous ceux qui te font confiance. Tu t’es engagée, depuis quand ne tiens tu pas parole ?

- Arrête, tu ne sais pas ce qui se passe là bas. Bien sur que l’Ordre est important pour moi, mais qu’en est il du reste. Toi mieux que personne tu sais d’où je tire ma force… Alors lorsqu’il me regarde et que je sais qu’il veux en voir une autre, comment suis je censée réagir ? Comment réagir face à ce qui est mort dans les Îles alors qu’un échange des plus banal me rend nostalgique ? Pourquoi devrais je me battre alors que tout semble perdu d’avance puisque je suis accusée d’être sans cœur lorsque je dis que je ferais mon devoir si un ancien allié relevé dans la mort me faisait face ? Pourquoi devrais je croire en ceux qui ne croient pas en moi…

A bout de souffle, elle baissa la tête, attrapant nerveusement quelques brins d’herbe entre ses doigts.

- Et bien… Il en a des grandes choses sur le cœur d’une si petite personne. Tu devrais te poser les bonnes questions au lieu de te placer en victime. Si tu sais ce qu’il en est, pourquoi fais tu durer les choses, essayes tu d’être héroïque ? Tu sais très bien que dans ce domaine rien n’est lié à l’héroïsme. Ne force pas ce qui est, parle avec les concernés, comme tu le faisais avec moi et s’ils n’ont pas le temps, écris leur, impose leur un moment. Il y en aura toujours un, sois juste patiente. Maintenant, il faut lever ce joli petit fessier et retourner d’où tu viens.

Il se leva, tendant la main vers la jeune femme qui s’en saisit avant de se relever et de se blottir contre lui :

- Merci… C’est pour ça que tu me manque autant, il n'y a que toi qui me comprend.

- Ne fais pas de moi l’un de tes fantômes, tu mérite bien mieux que ça. Tu vois bien ce que ça donne une personne hanté par son passé et qui ne parvient pas, ou ne veux pas, tirer un trait dessus. Tu es forte, tu en es capable, fais simplement le bon choix, même si pour le moment cela te semble difficile.

Elle hocha la tête, restant de longues minutes contre ce corps qu’elle avait perdu depuis bien longtemps. Bien qu’elle n’ai aucune envie de partir, elle savait que c’était nécessaire car sa place n’était pas ici, pas encore tout du moins. Il avait été à la fois la plus belle et la plus douloureuse partie de sa vie, mais sa vie ne faisait finalement que commencer, elle avait encore tellement de choses à voir, a faire et surtout à dire. Elle allait quitter son étreinte lorsqu’il la souleva doucement du sol, afin de l’enlacer et de l’embrasser avec toute la tendresse qu’elle lui connaissait. C’est ce qu’elle adorait chez lui, cette stature de géant mais cette douceur incroyable dont il avait toujours fait preuve avec elle. Il lui avait apprit à voir le monde à sa hauteur et elle avait adoré cela.

Délicatement, il la déposa au sol, la gratifiant simplement d’un sourire avant de lâcher sa main lorsqu’il comprit qu’elle était prête. Elle le fixa, gravant une dernière de son visage tel qu’elle l’avait aimé puis, en laissant retomber sa main le long de son corps, elle se tournât, pour faire face à un lac auquel elle n’avait encore prêté attention. Curieuse, elle se pencha légèrement, observant la paisible étendue aqueuse. Sous la surface semblaient flotter deux pierres, étrangement similaires mais pourtant très différentes. De part leur forme, leur usure mais aussi leur couleur, l’une étant d’un vert émeraude des plus pur tandis que la seconde arborait une couleur miel apaisante. Ses lèvres corail s’étendirent alors dans un sourire bienveillant. Elle se détourna, regarda le Géant au loin puis ferma les yeux avant de se laisser tomber en arrière.


*** *** *** *** *** *** ***


Dans l’âtre, le feu offrait à la pièce une lueur à la fois intime et apaisante en plus d’une odeur réconfortante. Difficilement, ses paupières acceptèrent de s’ouvrir, lui offrant tout d’abord une vision floue. Ses yeux de jade parcoururent aussi rapidement que possible l’endroit dans lequel elle se trouvait. Elle essaya de bouger, mais en vain, entravée par une force qu’elle ne comprenait pas. Forçant sur ses paupières, elle ouvrit un peu plus les yeux, réalisant qu’elle était quasiment nue sous une couverture familière, mais allongée sur autre chose qu’un matelas. A une vitesse trop lente, elle tenta de faire fonctionner sa mémoire afin d’avoir un bref souvenir de sa soirée de la veille. Elle ne comprenait pas et elle détestait vraiment cela. Saisit d’une peur peu commune, elle tourna lentement la tête vers ce qui se trouvait au dessus de la sienne et se figea. Elle resta là, immobile, son regard interrogatif scrutant sans comprendre celui qui ne tarda pas à s’éveiller à son tour.
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Lauriana Frantz

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MessageSujet: Re: [Fiche] Lauriana Frantz   Mar 6 Déc - 17:17



Depuis son accident, plusieurs semaines étaient passées, similaires et pourtant tellement différentes. La jeune femme avait fait le tri dans ses pensées et dans sa vie, balayant une illusion au profit de la réalité. S’il y avait bien une chose que cette chute lui avait apporté, c’était la certitude qu’elle s’était fourvoyée en empruntant un chemin qui n’était pas le siens.

- Si malgré cette "distance" je ne m’inquiétais plus pour toi, alors ça voudrait dire qu’il n’y aurait jamais rien eut de sincère Frantz…

Cette phrase lui avait fait l’effet d’une gifle offerte par une main gantée de plaque. Avec le tact qu’elle lui connaissait, il l’avait remit à sa place la laissant faire face à ses erreurs afin de parvenir à les corriger. Bien évidemment, cela ne tarda pas et commença par le retour d’une clé à son propriétaire pour finir par des aveux à celui que son cœur n’avait en réalité jamais cessé de désirer. Il fallut un peu de temps et une soirée des plus calme pour que les deux se retrouvent et scellent, le temps d’une nuit, la renaissance de ce qu’ils avaient eu peur d’affronter jusqu’à présent.

Une autre personne avait bouleversé son quotidien le jour où elle lui avait demandé de l’aide pour trouver une connaissance. A peine adolescente, une boule d’énergie nommée Nith s’était accaparée la tendresse maternelle de la Prêtresse, lui attirant les foudres de son Paladin à cause de l’imprudence dont elle pouvait faire montre pour elle par moments. Cela était clairement incompréhensible d’un œil extérieur mais après avoir déjà tant perdue, la Prêtresse se refusait de perdre cette innocente qui n’avait pas demandé à être ainsi. Ce sentiment ne fit que s’accroître le jour où, en sondant l’enfant, elle se rendit compte que cette dernière avait une corruption étrange et avancée au niveau des mains. Elle pu compter néanmoins sur le soutient des siens lors d’une enquête qui malheureusement ne les conduisit à rien… Mais elle savait que tout ceci n’était pas terminé et qu’ils auraient l’occasion de se retrouver pour chercher à nouveau.

Un bouleversement n’arrivant que très rarement seul, la jeune femme se vit confronter à une annonce des plus inattendus de la part de l’allié auquel elle du faire passer un visite médicale. Choquée et affolée, elle partagea maladroitement cela au principal concerné, qui sembla, une fois le choc passé, accueillir la nouvelle avec une émotion qu’elle ne lui connaissait pas encore. Elle qui devait les soutenir, les soigner, veiller sur eux, devait faire un nouveau choix à présent. La réponse s’imposa d’elle même ce soir là, alors qu’ils furent prit au piège lors d’une intrusion du Baron Von Tarkin à la Chapelle de l’espoir de la Lumière. Ce fut une hécatombe… Bien qu’en infériorité numérique, les croisés firent preuve d’une volonté et d’une rage de vaincre à toute épreuve, elle inclus, puisant au plus profond d’elle une énergie nouvelle.

Le combat fut long et épuisant. Il sonna presque la perte de leur Commandant, sauvé in-extremis, mais ce qui la marqua le plus fut la chute de Son Paladin face au Chevalier de la Mort qui ne tarda pas à lui envoyer des piques de glace, la blessant en plusieurs endroits. Elle ordonna à la recrue présente de battre en retraite alors que leur allié tirait le Sergent instructeur d’une mort certaine. Seule face à trois Cavaliers et leur pion, elle se rendit soudainement compte qu’elle n’avait aucune chance. A genoux, elle les observaient, la tête droite malgré la lourdeur de ses regrets. Et alors que le second Cavalier allait porter son coup, un bras vint l’entourer, l’emportant à une telle vitesse qu’elle ne comprit qu’une fois à l’intérieure de la Chapelle qu’elle était, le temps d’un instant, en sécurité.

Les Chevaliers impies parvinrent à quitter la chapelle tant bien que mal, laissant à ce qu’il restait de la troupe des Croisés l’opportunité de soigner ceux tombés au combat. La Prêtresse fut prise en charge, comme tous les autres, puis réalisa ce à quoi ils venaient d’échapper. A cet instant, elle le chercha du regard, laissant tomber toutes les barrières de discrétion qu’elle s’imposait jusqu’alors, se dirigeant vers Lui afin de se lover dans ses bras qu’elle cru ne jamais pouvoir retrouver, y étant accueillit sans la moindre hésitation de son côté. Ils restèrent là, si proche et pourtant si loin des autres, à s’échanger quelques paroles sur l’état de la jeune femme, jusqu’au rapatriement.


Il était encore tôt lorsqu’elle se réveilla, entourée du bras qui ne l’avait pas lâché de la nuit. Elle dégagea une des longues mèches qui s’était perdu sur le visage de l’homme endormi, le couvant du regard, songeuse. Elle fini par fermer les yeux en affichant un léger sourire, tout en posant une main protectrice sur son ventre. Elle avait comprit, elle agirait à présent en conséquence pour ne pas perdre ce qui était le plus important pour elle.
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Lauriana Frantz

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MessageSujet: Re: [Fiche] Lauriana Frantz   Mar 6 Déc - 17:44



Dès le plus jeune âge on nous apprends les choses importantes telles que la vie, la Lumière et la mort. On nous offre des conseils, on nous enseigne comment parfaire un art et faire face à des pertes. On nous fait croire que tout ira bien, que la difficulté n’est que temporaire et que quoi qu’il nous arrive nous nous relèverons. Mais qui sont ils ? Que vivent ils pour se permettre de nous leurrer ? Qui suis je pour suivre ce même chemin en leur tenant ces discours ?

Te souviens tu ? Ce jour d’automne, devant la cathédrale, tu courrais partout à en perdre haleine. Comme beaucoup, je t’ai aperçu sans vraiment te porter attention jusqu’à ce que tu t’arrête devant moi. Savais tu, ce jour là, ce que tu allais tirer de moi ? Tu m’as questionné, je t’ai aidé comme je le pouvais, bravant ma propre timidité en adulte que j’étais. Tu avais si peur d’eux alors qu’ils ne te voulaient nul mal. Je t’ai laissé à leurs bons soins, te promettant de revenir.

Jusque là, tenir parole n’était pas compliqué. A l’image de notre première rencontre, c’était souvent toi qui me trouvait, venant te réfugier derrière quelque objet pouvant, à ton sens, te cacher des autres. Je me demande si tu réalisais que ma cape et ma taille n’avaient rien qui pouvait t’aider à cela. Mais pourtant, à chaque fois tu y revenais. En quelques semaines tu m’as fait rencontrer de nombreuses de personnes mais aussi retrouver des amis que je pensais avoir perdu dans ce que je nomme ma vie d’avant. Tu n’étais pas non plus sans savoir que mon devoir m’appelait loin de la capitale, malgré tout tu faisais bonne figure, comme toujours. Tu as changé ma manière de voir les choses cette soirée là, quelques minutes avant mon départ lorsque tu m’as interpellé, un sourire angélique aux lèvres en me montrant fièrement un mot que tu venais de trouver. Tu m’as enlacé pour la première fois, disant que tu le savais, que c’était moi la Prêtresse de confiance dont il parlait. Tu étais si heureuse… Si rayonnante en cet instant que tu as fais fondre mon cœur déjà éprit de toi.

La moindre des choses que je pouvais faire en retour était de t’aider à trouver ceux que tu cherchais. Enfin, celui plutôt, ce Caliel que tu ne cessais de réclamer. J’ai fais appel aux miens et bravé les désaccords du Sergent Ronchon. Tu comptais sur moi et j’étais là autant que faire ce pouvait. La première fois ils ont répondu présent, après tout nous étions à côté, donc il aurait été égoïste de refuser. Ce jour là, je l’ai senti pour la première fois mais je refusais de le croire. J’aurais du m’écouter pourtant. Nous avons fouillé, nous avons essayé en vain de t’apporter les réponses que tu cherchais. En cette fin de journée, pour la seconde fois tu m’offrais une étreinte, cherchant dans mes bras le réconfort dont tu avais besoin pour faire disparaître cette moue inquiète que tu arborais.

Outre la petite vie que j’abrite, j’avais trouvé grâce à toi une raison de me battre et de revenir en vie de notre mission. Je suis revenue dès que j’en ai eu l’autorisation, te cherchant dès cet instant. Cela me fit tomber sur Rislon et la Prêtresse Jélica qui me posèrent des tas de questions, comme ils purent le faire pour toi. Je ne te vis que le lendemain, cette fois là encore tu me trouvas devant mes quartiers, m’offrant une fleur des plus complète à en voir les racines terreuses qui la terminait. L’elfe que j’étais la seule à n’avoir encore vu jusque là nous nous fit savoir que la Sénéchale nous cherchait, provoquant notre peur commune à sa sortie des ombres.

Le petit groupe habituel était déjà là, en plus d’un humain qui m’était encore inconnu. Te souviens tu m’avoir murmuré à l’oreille qu’il était ton âme sœur mais l’ignorait encore ? Tu étais si attendrissante, découvrant le bourgeonnement des sentiments amoureux, bien que trop jeune à mes yeux malgré tes quinze années. Mais je ne pouvais m’attendrir plus, la conversation était sérieuse et visiblement celui que tu cherchais était présumé présent dans cette ville maudite qu’il nous fallait rejoindre. Devant rendre des comptes, il me fallut m’absenter afin de prévenir celui qui dirigeait l’Ordre que je représentais. Il me permis de faire appel à nos Hommes mais, ce soir là étrangement, ils avaient tous à faire. A bien y repenser, n’était ce pas là une première mise en garde ?

Je n’avais ni l’envie ni le temps de penser à la déception ressenti, il me fallait te retrouver pour te protéger. Nous avions le nécessaire, nous étions prêts… Un portail, un vol en griffon où tu t’incrustât sur le miens pour mon plus grand plaisir même si, à choisir, il aurait été préférable que tu ne viennes pas. Mais comme toujours, nul n’était en mesure de t’arrêter. Face à notre destination, le groupe s’est divisé, tu es venu avec la Sénéchale et moi, afin de passer par une entrée plus discrète. Plus nous avancions, plus cette sombre magie désormais familière nous enveloppait, la Sénéchale et moi en parlions lorsque soudainement je me rendit compte que quelque chose n’allait pas… Ma cape me semblait trop légère. Immédiatement nous nous mirent à t’appeler, une peur viscérale naissant en moi. Ton nom crié de nos bouches échouaient sur les murs brisés des maisons vide, nous laissant seules face à cette malsaine sensation.

Nous avons poursuivit notre progression retrouvant le second groupe. Ma consœur semblait en pleine terreur, elle ne parvenait plus à bouger, ralentissant les autres tout en nous mettant en danger. D’instinct, je suis allée vers elle, ravalant mes propres démons afin de trouver les mots pour l’aider. Fort heureusement cela fonctionna et nous purent reprendre notre progression jusqu’à une place… Jusqu’à cette place… Confortablement installé sur un toit, un vieillard entouré de deux silhouettes nous observait. Dans sa main, une cascabelle dont il ne tarda pas à user, nous faisant à tous perdre instantanément le contrôle de nos corps. Sans qu’aucun de nous ne puisse résister, nous nous retrouvions répartis en couples, dansant une valse lente et parfaite.

- Les masques sont tombés, les invités sont enfin là et nous régalent de leur danse.

Contrains, Hendry et moi ne pouvions qu’être désolés d’imposer l’un à l’autre cette valse tandis qu’au dessus de nous un cavalier quittait sa funeste monture pour atterrir au centre de la piste. Ce qui me glaça le sang en cet instant ne fut pas tant sa présence mais la tienne, fermement maintenu par sa main de métal, te débattant comme un diable. Te levant vers le vieillard, ce dernier lui intima un ordre qu’il exécuta sans une once d’hésitation. Et alors que tu t’agitais, la cascabelle se tut, ne laissant planer que le bruit d’un effroyable craquement qui te fit t’immobiliser à jamais avant qu’il ne te jette au sol.



Je ne pourrais te dire avec précision ce qu’il s’est passé après cela… Je me souviens d’un silence lourd nous délivrant de notre transe. Je me suis précipitée vers toi pour te prendre dans mes bras. J’ai cherché, longuement, affalée au milieu de ce chaos, une quelconque trace de vie dans ton petit corps immobile. Je crois que c’est Hendry qui m’a tiré vers le bord de la piste alors que je refusai de bouger ou de te lâcher. Il n’y avait plus rien autour de moi… Juste ton visage trempé de tes dernières larmes et ton expression effrayée. Pourtant, ils se battaient contre le Cavalier, chacun donnait tout ce qu’il pouvait et sans m’en rendre compte je me mis à faire pareil, libérant ma colère jusqu’à sa fuite.

Tu accaparais toute notre attention, Jélica vint à tes côtés, s’acharnant sans nul doute à essayer de te sauver alors que le reste du groupe se mourrait. Ce fut alors purement instinctif, comme si je ne faisais qu’assister aux actions de mon propre corps. Je vins aider ce Caliel à sauver Qarun malgré une répulsion évidente pour lui. Mais il avait compté pour toi et elle n’y était pour rien. Lorsqu’elle fut physiquement hors de danger, je vins inspecter Rislon déjà bien aidé par Hendry et ton âme sœur, aussi maladroit fut il. Lorsqu’ils furent tous hors de danger, ce fut à tes côtés que je retournais, échangeant quelques mots avec la Prêtresse torturée par ses démons.

Le retour se fit en silence, incapable de te lâcher, je t’ai porté jusqu’au premier lit libre dans les quartiers de la Sénéchale. Je t’ai apporté les dernières bénédictions, ainsi tu n’as pas à craindre d’être relevée par des Chevaliers impies. Je t’ai aussi adoucis le visage… Tu as l’air tellement sereine, comme si tu dormais. Tout le groupe est bouleversé, je n’ai pas les mots pour les apaiser… Je ne les aient plus… J’ai si froid à présent. Te quitter ce soir fut, malgré mon passé, une des épreuves les plus difficiles.

Aujourd’hui, je les regardent. Ils sont autour de moi, ils me saluent, ils parlent et rient. Mais je ne les écoutent pas, le sang bouillonnant dans ma tête me coupe de tout son alentour. Où que je regarde lorsqu’ils sont là, je ne vois que les fantômes de présences qui auraient pu changer la donne en nous permettant d’achever ton bourreau, peut être même avant qu’il ne soit trop tard pour toi. Tu aurais été mieux entouré, j’aurais pu me concentrer pleinement sur toi. Cette nouvelle sensation me ramène à un vécu que je pensais surmonté. Tout n’est qu’un éternel recommencement.

C’est donc cela que l’on ressent lorsque la chaleur de ce doux Brasier nous quitte. Il est là, Il me serre contre lui, mes larmes coulent à flots et pourtant… Rien ne me réchauffe. J’ai échoué… Lamentablement. Tu me faisais confiance, mais c’est à ta perte que je t’ai mené. Aujourd’hui je suis perdue, je n’ai plus confiance en eux et pourtant il va me falloir les suivre. Je sais aussi que je dois protéger celui qui dépend de moi et parallèlement j’ai cet ardent désir de voir le Cavalier Noir tomber, d’être là le jour où sa vie lui sera ôtée.

Je me retrouve encore une fois à une croisée de chemins et quoi que je décide, à présent celle qui porte un masque, c’est moi.
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Lauriana Frantz

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MessageSujet: Re: [Fiche] Lauriana Frantz   Mar 6 Déc - 17:49



Assise dans les hauteurs du port, elle fixe les eaux agitées. Elle laisse son esprit vagabonder, pensant à celui qu’elle a laissé partir en mission alors qu’elle est à l’abri de ce combat. Elle pense à eux, tous, qui risquent leurs vies dans un froid sans nom alors qu’elle profite d’un couchant sous un hiver naissant. Elle soupir, restant là encore un peu. Elle attend…


Cela faisait un peu plus d’une semaine que la jeune adolescente était morte, laissant le groupe désorienté et affublé d’un nouveau membre que beaucoup trouvait indésirable, elle la première ce fameux soir, lorsqu’il voulu approcher le corps. En ces quelques jours, les choses avaient changées mais il était impossible de déterminer si cela était, ou non, un bien. Elle était passé par toutes les étapes du deuil, parvenant à reprendre ses esprits de manière à honorer la mémoire de l’enfant le soir des funérailles. Pourtant, même si elle parvint à donner le change ce soir là, la Lumière en elle ne brillait plus.

Elle s’en était rendu compte le lendemain de leur passage à Stratholme, lors-qu’après sa très courte nuit elle voulu prier. Ce jour là, elle n’y parvint pas, tout comme elle ne parvint pas à soigner une plaie des plus simples à la Cathédrale. Honteuse, elle n’avait rien dit, gardant cette crainte pour elle. Elle découvrait cette sensation de froid et de vide qui se répandaient, tentant au mieux de faire bonne figure. Lorsqu’on lui annonçât qu’il était préférable qu’elle reste à la Capitale au lieu de se rendre en Norfendre, elle fut soulagée, plus que consciente qu’une Prêtresse sans Lumière était un danger bien trop grand pour eux… Pour Lui. Elle assistât de loin à leur départ, ayant prit le temps de dire au revoir à celui qu’elle se devait de laisser les accompagner.


Et puis, les jours passent… Inlassablement.


Le petit groupe n’avait toujours pas retrouvé ses esprits. Certains se mettaient à boire, d’autres s’isolaient, mais les plus coriaces tentaient toujours de découvrir de nouveaux éléments. Ce fut un nouveau rêve qui les poussa à se réunir de nouveau afin de tenter d’y voir plus clair. Mais la douleur aidant, certains eurent des propos déplacés, comme cette jeune femme qui lui reprochât son appartenance Argentée. Il fallut un peu de temps et des excuses pour que tout s’apaise… Mais cela ne dura pas longtemps, particulièrement lorsque la fougue de cette enfant l’entraînait à être plus qu’irrespectueuse.

De son côté, la Prêtresse retrouvait petit à petit ses esprits ainsi que son don. Épaulée en grande partie pas une consœur a qui elle avait confié sa grossesse, elle lui avait demandé de garder le secret pour le moment, ne souhaitant pas être mise de côté. Sans vraiment comprendre, elle s’était néanmoins retrouvée affublé d’un protecteur qui l’avait, à de multiples reprises, aidé l’air de rien à se sortir de situations embarrassantes. Ce fut lors d’un après midi en compagnie de sa consœur qu’elle apprit les réelles raisons de cette protection rapprochée : Outre le rôle qu’elle tenait dans leurs rêves, le groupe savait pour cette petite vie qui dépendait entièrement d’elle. Ils la comprenait et surtout, ils étaient là lorsqu’elle avait ces petits moments de tristesse en pensant à ceux qui étaient bien trop loin d’elle.

Mais pour l’heure, elle n’en avait que faire, la danse n’était pas fini. Elle avait vu tomber un premier masque, mais il restait plusieurs personnes déguisées. Dans ses mouvements, elle pouvait les apercevoir, dans l’ombre de la salle décorée. Ils parlaient et riaient de ces valses improbables. Pourtant, elle continuait, guidée en toute insouciante par son cavalier. Elle souriait, sereine et heureuse dans ses bras. Il l’entraînait sous le regard de bien d’autres, ne lui laissant pourtant aucun souvenir des traits de son visage. La seule chose qu’elle avait retenu était son nom… Librement, l’esprit léger, elle valsait avec celui que l’on nommait Valtiel.



Elle se redresse vivement, le visage couvert de la sueur donnée par ce cauchemar. Elle cherche en vain son Paladin du regard avant de se souvenir de la triste réalité. Elle se lève une fois de plus, en pleine nuit, réveillée par cette même sensation qu’elle maudit. Elle se regarde un instant dans la glace avant d’avoir le cœur soulevé par les nausées qui se font plus présentes. Elle se laisse glisser sur le sol, attrapant ses cheveux de ses mains. Elle murmure ce détestable nom jurant de lui ôter elle même la vie en envoyant  balader ce quelle a sous les pieds. Pourquoi… Pourquoi rêver encore et ressentir cette inconscience aux bras de cet être, celui là même qui, sous leurs yeux, avait mit fin à la vie d’une enfant.
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